Bien sûr qu'elles sont revenues les compulsions, en force, et même accompagnées d'une baisse de moral. Faut dire qu'au taf, on n'a pas été très tendre avec moi...

Après, je relativise quand même : une amie tendre et chère vient de sortir de l'hosto, opérée de son deuxième cancer, redoutable celui-là... il lui manque la moitié de l'intestin et un gros bout de foie...
Son problème? Prendre du poids... Alors j'ai honte, tellement honte, quand elle me raconte l'élastique de la culotte sur les os de ses hanches, la balance qui doit absolument afficher plus de 43 kilos sinon on va l'envoyer avec une sonde dans une maison de repos.
Alors je pleure pour elle, sur son sort.
Et je pleure sur le mien de sort, aussi, alors que j'aimerais tant lui donner quelques grammes pour sauver sa vie à elle...
En plus elle n'a quasiment droit à rien question nourriture. Elle doit se forcer à trouver bon deux biscottes sans beurre, et tous ces aliments sans résidus qu'elle doit manger la boule au ventre ...
Je vais tâcher d'aller au magasin bio lui acheter quelques trucs un peu appétissants car pour couronner le tout, elle n'a pas un rond. Elle est vraiment pas juste la vie.
Son salopard de mari qui lui a tapé dessus jouit d'une santé de fer.
Et on voudrait que je croie en dieu avec tout ça???
Je contemple mon gras et je lui envoie des pensées positives.
Je ne sais plus quoi faire pour elle.
Boire ma honte jusqu'à la dernière goutte en m'empiffrant de bonbons qui n'iront pas la faire grossir elle qui en a tant besoin...